Guide de mesure · CO₂

Votre moniteur de CO₂ affiche 1 400 ppm. Que signifie cette valeur ?

Guide pratique du CO₂ intérieur : ce que les ppm indiquent sur la ventilation, pourquoi le taux monte la nuit et comment réagir à une valeur élevée.

Vous fermez la porte de la chambre, vous vous endormez et vous découvrez au réveil une courbe qui a grimpé toute la nuit. Rien n’est en panne. Deux personnes endormies ont simplement continué à ajouter du CO₂ dans une pièce qui ne renouvelait pas l’air assez vite.

Le CO₂ intérieur sert surtout d’indice sur l’équilibre entre l’occupation d’une pièce et son apport d’air extérieur. Ce n’est ni une note universelle de qualité de l’air ni une alarme de toxicité.

La réponse courte

Un taux de CO₂ qui monte signifie généralement que la ventilation ne suit plus l’occupation de la pièce.

Une valeur comme 1 400 ppm invite à vérifier la tendance, le nombre de personnes présentes et l’apport d’air extérieur disponible. Il n’existe pas de seuil magique où un air sain devient soudain dangereux. Le CO₂ ne révèle pas non plus la présence de fumée, de PM2.5, de formaldéhyde, de COV ou de monoxyde de carbone.

Chambre fermée avec un lit défait peu avant le lever du soleil
Une chambre fermée avant le lever du soleil : deux personnes endormies peuvent faire monter régulièrement le CO₂ si la pièce renouvelle trop peu son air.

Que signifie ppm ?

ppm signifie parties par million. À 1 000 ppm, environ 1 000 molécules d’air sur un million sont des molécules de CO₂. Cela représente 0,1 % du volume.

Les mesures mondiales de la NOAA situent actuellement le niveau de fond extérieur autour de 430 ppm. La valeur peut toutefois être plus élevée près d’une route, dans une ville dense ou à proximité d’une source de combustion. À l’intérieur, chaque expiration humaine ajoute du CO₂. La cuisson au gaz, les bougies, les feux et certaines activités professionnelles peuvent aussi en produire.

Dans une pièce occupée, la forme de la courbe en dit souvent plus qu’une valeur isolée :

  • une hausse régulière montre que l’air expiré s’accumule dans la pièce ;
  • un plateau indique un équilibre approximatif entre les sources et la ventilation ;
  • une baisse après l’ouverture d’une fenêtre ou l’augmentation de la ventilation mécanique montre que l’air extérieur remplace l’air intérieur ;
  • un pic soudain peut simplement venir d’une personne qui a expiré directement sur le moniteur.

Comment interpréter la valeur en pratique

Il n’existe pas de tableau universel qui transforme le CO₂ intérieur en verdict valable partout, avec d’un côté un air sûr et de l’autre un air dangereux. Le type de bâtiment, l’occupation, l’activité, la concentration extérieure et la conception de la ventilation comptent tous.

Les plages ci-dessous constituent un guide de lecture pratique. Elles ne sont ni une norme médicale ni une norme juridique.

ValeurInterprétation pratique dans une pièce occupée
Proche du niveau de fond extérieurLa pièce est peut-être vide ou reçoit beaucoup d’air extérieur. Cela ne prouve pas que les particules ou les autres gaz sont faibles.
Environ 800 à 1 000 ppmValeur courante dans une pièce occupée et raisonnablement ventilée. Observez la tendance et le contexte de la pièce.
Environ 1 000 à 1 500 ppmLa ventilation commence peut-être à ne plus suffire. Vérifiez l’occupation et cherchez un moyen raisonnable d’apporter de l’air extérieur propre.
Durablement au-dessus de 1 500 ppm Le HSE britannique considère cette situation comme un signe de mauvaise ventilation dans une pièce occupée et recommande d’agir.
5 000 ppmUne limite d’exposition professionnelle utilisée en hygiène industrielle, pas un objectif raisonnable pour un logement, une salle de classe ou un bureau.

Le mot durablement est important. Un bref pic à côté d’une personne n’a pas la même signification qu’une chambre qui reste au-dessus de 1 500 ppm pendant plusieurs heures.

Pourquoi 1 000 ppm n’est pas un seuil de toxicité

Le chiffre bien connu de 1 000 ppm a été répété si souvent qu’il ressemble parfois à une loi physique. Ce n’en est pas une.

L’ASHRAE explique que le CO₂ intérieur a souvent été mal interprété. Une concentration proche de 1 000 ppm peut être utile dans certains calculs de ventilation, sous des hypothèses précises, mais la norme ASHRAE 62.1 n’en fait pas une limite universelle de santé ou de toxicité.

Cette valeur reste utile sur un tableau de bord, car elle apporte du contexte sur la ventilation. Une pièce qui dépasse régulièrement son niveau habituel lorsqu’elle est occupée vous transmet une information. Le moniteur fournit un indice, pas un diagnostic.

Qu’en est-il des maux de tête, de la somnolence et des capacités cognitives ?

Les études menées dans des conditions réelles associent souvent un CO₂ intérieur plus élevé à davantage de gêne ou à de moins bonnes performances. Le problème est qu’une pièce mal ventilée n’accumule pas seulement du CO₂. Elle accumule aussi de la chaleur, de l’humidité, des odeurs, des bioeffluents humains et des polluants issus des matériaux ou des activités.

Les études contrôlées qui isolent le CO₂ ont donné des résultats contrastés aux concentrations courantes dans les bâtiments. Une revue critique de 37 études a jugé les données incohérentes et souvent influencées par des facteurs de confusion. La conclusion honnête est moins spectaculaire que de nombreux graphiques en ligne : un CO₂ intérieur élevé est un indice utile d’une ventilation potentiellement insuffisante, tandis que les effets directs du CO₂ lui-même aux concentrations intérieures habituelles font encore l’objet de recherches.

Si l’air semble confiné et que la courbe monte depuis trois heures, il n’est pas nécessaire de trancher ce débat scientifique avant d’ouvrir une fenêtre.

Pourquoi un purificateur ne réduit pas le CO₂

Un purificateur de particules peut très bien retirer la fumée, la poussière, le pollen et d’autres particules en suspension. En général, il ne retire pas le CO₂.

Un climatiseur split classique fait lui aussi recirculer l’air intérieur. Il modifie la température et filtre éventuellement certaines particules, mais n’apporte pas automatiquement de l’air extérieur.

Pour faire baisser le CO₂, la pièce doit réellement renouveler son air :

  • ouvrez une fenêtre ou une porte lorsque les conditions extérieures le permettent ;
  • utilisez une ventilation mécanique ou une entrée d’air neuf ;
  • réduisez le nombre de personnes ou le temps passé dans une petite pièce fermée ;
  • vérifiez que les bouches d’aération sont ouvertes, dégagées et fonctionnent comme prévu.

L’air extérieur n’est pas toujours propre. Si la fumée ou les PM2.5 sont élevées dehors, interprétez le CO₂ avec les mesures de particules et les données locales sur l’air extérieur. La qualité de l’air intérieur dépend de plusieurs variables et aucun bouton unique ne peut toutes les corriger.

Purificateur et climatiseur faisant recirculer l’air intérieur à côté d’un système équilibré de ventilation avec apport d’air extérieur
La filtration retire des particules et la climatisation modifie la température. Pour réduire le CO₂, l’air extérieur doit entrer et l’air intérieur chargé doit sortir.

Que faire en cinq minutes face à une valeur élevée

  1. Regardez la tendance. S’agit-il d’une véritable hausse dans le temps ou d’un pic isolé ?
  2. Vérifiez la pièce. Combien de personnes s’y trouvent ? La porte, les fenêtres et les bouches d’aération sont-elles fermées ?
  3. Ajoutez de l’air extérieur si c’est raisonnable. Ouvrez une fenêtre, augmentez la ventilation mécanique ou laissez la porte ouverte.
  4. Observez la réaction. Une baisse nette confirme que la pièce manquait de renouvellement d’air.
  5. Consultez les autres mesures. Ventiler peut améliorer le CO₂ tout en faisant entrer davantage de particules un jour de fumée. Lisez l’ensemble de la pièce, pas une seule valeur.

Dans une chambre, conservez la même configuration pendant deux ou trois nuits et ne changez qu’un paramètre à la fois : porte fermée, porte entrouverte, fenêtre légèrement ouverte ou ventilation active. Vous obtiendrez ainsi une expérience utile plutôt qu’une collection de captures d’écran inquiétantes.

Courbe illustrative du CO₂ dans une chambre pendant la nuit, en hausse lorsque la pièce est fermée puis en baisse après l’aération
Un exemple de profil nocturne, pas un jeu de données mesurées : le CO₂ monte lorsque le renouvellement d’air est insuffisant et baisse après le début de l’aération.

Où placer un moniteur de CO₂

Un mauvais emplacement peut transformer un capteur utile en menteur très convaincant.

Placez le moniteur près de la zone respiratoire, mais à plus de 50 cm d’une personne. Éloignez-le des fenêtres ouvertes, des portes, des bouches de soufflage, des radiateurs, du soleil direct et des recoins sans circulation derrière les meubles. Dans une grande pièce, un seul point de mesure peut ne pas représenter tout l’espace.

Laissez-le ensuite au même endroit assez longtemps pour observer une tendance. Le HSE britannique prévient expressément que des mesures ponctuelles peuvent induire en erreur et recommande de mesurer pendant des conditions normales d’occupation et de ventilation.

Moniteur de qualité de l’air Aura AQ posé sur une table d’appoint près d’un espace de télétravail
Une position représentative : assez proche pour décrire la zone de travail, avec une certaine distance par rapport à la personne et aux sources évidentes de perturbation du flux d’air.

Ce que mesure réellement Aura AQ

Aura AQ utilise la plateforme multicapteur Sensirion SEN66 pour son canal CO₂ standard. Sensirion indique une plage de sortie de 0 à 40 000 ppm et publie les marges de précision ainsi que les conditions d’étalonnage dans la fiche technique SEN6x.

Deux détails pratiques comptent davantage que l’affichage de décimales supplémentaires :

  • laissez à l’appareil le temps de réagir après l’avoir déplacé ou après avoir modifié les conditions de la pièce ;
  • suivez les recommandations d’étalonnage, notamment l’exposition périodique à de l’air frais lorsque la routine d’auto-étalonnage du capteur l’exige.

Aucun moniteur grand public ne doit être considéré comme un instrument de référence de laboratoire. Son intérêt réside dans un contexte continu et reproductible : la même pièce, dans le temps, pendant que vous modifiez un seul paramètre.

La bonne habitude : comparer la pièce à elle-même

Ne cherchez pas un chiffre parfait toute la journée. Apprenez le profil de votre pièce :

  • Que se passe-t-il avec une personne, puis avec deux ?
  • À quelle vitesse la valeur monte-t-elle lorsque la porte est fermée ?
  • Quel changement de ventilation produit une réaction nette ?
  • La baisse du CO₂ fait-elle entrer des particules extérieures ?
  • Que se passe-t-il pendant toute la nuit, et pas seulement lors d’un contrôle de deux minutes ?

Une fois ce niveau de référence compris, le CO₂ cesse d’être un chiffre mystérieux et devient un retour d’information pratique.

Réponses rapides

Questions fréquentes

Quel est le bon taux de CO₂ à l’intérieur ?

Aucune valeur universelle ne prouve qu’une pièce est sûre ou saine. Dans une pièce occupée, des valeurs plus proches du niveau de fond extérieur indiquent généralement un apport d’air extérieur plus important. Le HSE britannique considère qu’un taux durablement supérieur à 1 500 ppm signale une mauvaise ventilation et recommande d’agir.

1 000 ppm est-il dangereux ?

Ce n’est pas un seuil universel de toxicité. Environ 1 000 ppm peut servir de repère de ventilation sous certaines hypothèses, mais la tendance, l’occupation, la pièce et les règles applicables au bâtiment comptent aussi.

Un purificateur d’air fait-il baisser le CO₂ ?

La plupart ne le font pas. Les filtres à particules font recirculer l’air et retirent les particules ; ils n’assurent pas l’échange avec l’air extérieur nécessaire pour évacuer le CO₂ expiré.

La climatisation fait-elle baisser le CO₂ ?

Seulement si le système introduit réellement de l’air extérieur. Un appareil split classique en recirculation peut rafraîchir la pièce sans réduire sensiblement le CO₂.

Pourquoi le CO₂ monte-t-il dans une chambre pendant la nuit ?

Les personnes continuent d’expirer tandis que les portes et fenêtres fermées limitent le renouvellement d’air. Dans une petite chambre occupée par deux personnes, le taux peut donc monter régulièrement pendant plusieurs heures.

Où dois-je placer le moniteur ?

Près de la zone respiratoire occupée, à plus de 50 centimètres des personnes, et loin des fenêtres, des portes, des bouches de soufflage, des sources de chaleur, du soleil direct et des recoins sans circulation.

Un moniteur de CO₂ détecte-t-il le monoxyde de carbone ?

Non. Le CO₂ et le CO sont deux gaz différents. Utilisez des détecteurs de CO certifiés lorsqu’ils sont requis et ne les remplacez jamais par un moniteur de CO₂.

Sources et lectures complémentaires

Ce guide privilégie les sources primaires et les organismes de référence. Sources consultées le 25 août 2026.

  1. UK HSE: Using CO₂ monitors
  2. ASHRAE: Position Documents, including Indoor Carbon Dioxide
  3. US EPA: Can indoor CO₂ provide information on ventilation?
  4. NOAA Global Monitoring Laboratory: Atmospheric CO₂ trends
  5. NIOSH Pocket Guide: Carbon dioxide
  6. Du et al. (2020): Effects of indoor CO₂ concentrations on human health and cognition: a critical review
  7. Sensirion: SEN66 product specifications and datasheet

Aura AQ est un moniteur environnemental, pas un dispositif médical ni un détecteur de sécurité certifié. Respectez les exigences locales applicables aux bâtiments, aux lieux de travail et à la santé publique.